Allégations cosmétiques : que signifient-elles vraiment ?

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Sur tout produit ou publicité cosmétique, des allégations sont faites. Si ce terme ne vous dit rien, sachez qu’il s’agit des textes, images et symboles utilisés par les marques pour informer les utilisateurs des caractéristiques et qualités des cosmétiques. Outre ce rôle d’information, les allégations servent aussi à se différencier des concurrents, à faire sa promotion. Ainsi, des mentions comme « fabrication artisanale », « hypoallergénique » ou bien « à base d’huile de coco première pression à froid » sont des allégations.

Bien qu’elles soient encadrées, certaines allégations autorisées par le Règlement N°655/2013 ont une signification floue. C’est-à-dire que les consommateurs leur attribuent des définitions qui ne sont pas les bonnes. Petit panorama de ces allégations souvent mal comprises.

 

Remarque : l’article ne vise pas à diaboliser les allégations présentées et les produits qui les utilisent. Notre objectif est purement éducatif pour vous aider à mieux comprendre les emballages cosmétiques et ainsi mieux acheter.

 

Les allégations qui touchent à la santé

 

L’allégation « hypoallergénique »

 

À votre avis, que signifie la mention « hypoallergénique » ? Si comme la plupart des consommateurs, vous pensez qu’elle indique que le produit ne contient aucun allergène, eh bien, vous faites fausse route.

La définition de cette allégation est en fait assez variable d’une marque à l’autre. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’aucun texte officiel ne l’a définie noir sur blanc.

Ainsi, certains vont l’utiliser pour informer le consommateur qu’ils ont évité de formuler avec des matières premières réputées allergisantes, tandis que d’autres vont l’utiliser s’ils valident les tests de sensibilisation, même s’il y a des ingrédients allergisants dans le cosmétique.

Quoi qu’il en soit, si vous voyez la mention « hypoallergénique », sachez que le risque de déclencher une allergie est minimisé, mais toujours possible puisqu’il existe de nombreux allergènes potentiels et que les causes d’allergies diffèrent d’une personne à une autre. Ayez donc toujours le réflexe de tester le produit sur un coin de votre peau pour être sûr(e) que vous le supportez bien. Vous pouvez aussi vérifier la liste des ingrédients si vous vous connaissez une allergie à un ingrédient en particulier.

 

L’allégation « testé sous contrôle dermatologique / élaboré en collaboration avec des dermatologues »

 

L’allégation « testé sous contrôle dermatologique » signifie que le produit a subi un test de tolérance cutanée sur des volontaires, sous le contrôle d’un dermatologue (patch test).

Mais elle est un peu ambigüe car elle peut laisser à penser que le cosmétique concerné a été davantage contrôlé que ses concurrents. Or, beaucoup de marques réalisent ces tests de tolérance cutanée sans le revendiquer. Tout simplement car c'est la base de s'assurer que le produit est bien supporté par les consommateurs.

 

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Pour ce qui est de la mention « élaboré avec des dermatologues », elle est elle aussi plutôt floue car l’on ne sait jamais qui sont ces médecins qui auraient participé à la création du produit. Ils peuvent très bien être des salariés de la marque ou se contenter d’apposer une signature sur un rapport…

Ces allégations sont donc surtout des arguments marketing car ils rassurent le consommateur.

 

L’allégation « efficacité scientifiquement prouvée »

 

Toutes les allégations qui concernent l’efficacité des produits doivent être prouvées via des tests menés par des scientifiques. Comme pour le point précédent, il s’agit d’une obligation règlementaire.

Par conséquent, l’allégation « efficacité scientifiquement prouvée » est encore une fois un argument marketing.

 

Les allégations qui concernent la composition

 

L’allégation « sans conservateurs »

 

Nous avons déjà abordé la question de cette allégation dans notre article sur les conservateurs, qui répondait aux principales questions sur le sujet.

L’allégation « sans conservateurs » peut résulter de plusieurs cas de figure :

  1. Le cosmétique ne contient de conservateurs listés (= des conservateurs inscrits dans le Règlement Cosmétique). Il mise alors peut être sur d’autres éléments pour booster sa conservation.
  2. Le cosmétique n’a pas besoin de conservateur de par sa typologie. Certains produits comme les huiles n’ont pas besoin de conservateurs. Il existe également des formules qui bénéficient d’un effet synergique entre les ingrédients et qui va leur permettre de s’autoconserver.
  3. Le cosmétique utilise d’autres méthodes que les conservateurs : packagings Airless, stérilisation UHT…

 

L’analyse de la liste INCI est donc pertinente si vous ne souhaitez pas utiliser de conservateurs.

 

L’allégation « à base de… »

 

La mention « à base de… » vise généralement à mettre en avant l’ingrédient phare du cosmétique. Mais cette allégation peut être trompeuse car en tant que consommateur, on ne connaît pas les dosages des ingrédients. Il peut donc être très peu présent dans le produit. Il peut aussi véhiculer l’idée que le produit est noble parce que l’ingrédient présenté l’est. Mais l’on ne sait pas quels sont les autres ingrédients autour si l’on ne prend pas le temps d’éplucher la liste INCI !

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Notre conseil pour s’assurer qu’il ne s’agit pas de propos racoleurs ? Regardez si l’ingrédient phare est plutôt en tête ou en fin de liste INCI, car ils sont classés selon leur dosage par ordre décroissant (les plus faibles dosages en dernier). Et surtout, regardez quels autres ingrédients composent le cosmétique.

 

Les allégations jeunesse/anti-rides/anti-âge/anti-chute de cheveux/anti-cellulite

 

Si elles ne concernent pas toutes le même sujet, ces allégations peuvent quelquefois être ambigües pour le consommateur. Car elles peuvent véhiculer l’idée que le produit agit sur les causes du vieillissement, de la calvitie ou de la cellulite.

Or, un cosmétique ne peut qu’améliorer l’aspect de la peau et aider à prévenir l’apparition des signes du temps. Il n’a jamais d’impact sur la cause de ce qui vous gêne.

Il ne fera par exemple pas disparaître une ride existante, mais vous aidera à la gommer temporairement (= effet Photoshop) et à limiter ou ralentir l’apparition des nouvelles.

 

Les allégations éthiques

 

L’allégation « non testé sur les animaux »

 

Comme nous le disions dans notre comparatif des labels vegan et cruelty free, les tests cosmétiques sur les animaux sont interdits en Europe depuis 2013. Il est donc désormais interdit pour les marques de revendiquer que leurs cosmétiques ne sont pas testés sur les animaux.

Car elles laissent à penser que le produit est plus éthique que les autres alors qu’il est simplement conforme aux exigences légales.

 

Les allégations « made in France »

 

Pour la cosmétique, le « made in France » signifie que la fabrication a été réalisée en France. Par contre, c’est un peu plus flou pour ce qui est du conditionnement.

 

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Il arrive que des mentions « made in France » soient présentes sur des produits conditionnés à l’étranger (conditionnement primaire ou secondaire).

C’est pourquoi, si vous tenez à ce que toute la chaîne de production ait lieu sur le territoire français, le meilleur moyen reste de solliciter la marque à ce sujet.

 

Les allégations « X % d’origine naturelle » et « à base de [tel ingrédient] bio »

 

Nous en avons beaucoup parlé lors de la publication de la norme ISO 16128, mais les allégations basées sur les termes « naturel » et « bio » se classent parmi les plus trompeuses.

Pour surfer sur la vague verte, certaines marques conventionnelles mettent en avant un fort pourcentage d’origine naturelle ou la présence d’un ingrédient bio dans le produit. Même si le reste de la formule est cracra. Sur le packaging, l’information est bien mise en avant (et quelquefois justifiée via un calcul issu de la norme ISO 16128), de telle sorte que le consommateur pense qu’il s’agit d’un produit naturel ou bio, alors qu’en fait non.

Rappelons que sans certification, un fort pourcentage d’origine naturelle ne garantit pas que le produit ne contient pas d’ingrédients indésirables dans le reste de la formule…

Pour aller plus loin sur le sujet, nous vous invitons à lire notre série d’article sur la norme ISO 16128.

 



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Écrit par

Mélissa  Mélissa