Les animaux et la cosmétique bio

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Vous êtes nombreux à nous demander si les cosmétiques bio sont testés sur les animaux. Cette question est légitime étant donnée la souffrance que les animaux endurent aujourd’hui pour différentes utilisations : viande, fourrure, laine…

Eh bien non ! Les cosmétique bio et conventionnels en Europe ne sont pas testés sur les animaux. Et ce qui différencie la cosmétique bio et conventionnelle, c’est l’absence d’utilisation de dérivés d’animaux morts en cosmétique bio. C'est l'un de nos engagements fondamentaux.
 

Que dit la loi concernant les animaux et la cosmétique ?

 

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Depuis le 11 septembre 2004, la réalisation d’expérimentations animales pour les produits cosmétiques finis est interdite sur le territoire des États membres européens.

Depuis le 11 mars 2009, il est interdit de réaliser des expérimentations animales pour les ingrédients ou les combinaisons d’ingrédients. Mais en 2009, il était encore possible d’avoir des dérogations et des matières premières testées.

Contre toute attente et en partie grâce au lobbying des associations, ces dérogations ont été supprimées en mars 2013. Autrement dit, aucune expérimentation animale n’est acceptée sur le sol européen pour TOUT cosmétique fabriqué ou importé.
 

« Le 11 mars 2013 restera une date historique »

 

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Nous avons interviewé Allain Bougrain Dubourg, acteur engagé dans la protection des animaux et de la nature depuis plus de 30 ans. Journaliste, conférencier, producteur TV, Allain Bougrain Dubourg est également administrateur du Muséum National d’Histoire Naturelle, membre du Conseil Economique Social et Environnemental, du Conseil National du Développement Durable et président de la Ligue pour la Protection des Oiseaux.

Il nous a livré son témoignage.
 


 

« Le 11 mars 2013 restera une date historique. En tout cas pour les industriels de la cosmétologie et les protecteurs des animaux. Ce jour-là, après plusieurs décennies de négociations, l’Union Européenne confirmait l’interdiction de l’utilisation des animaux à des fi ns de tests cosmétologiques.

Cette décision devenait applicable, non seulement sur les produits finis, mais également sur les ingrédients. De plus, les importations destinées à entrer dans le marché européen devaient se plier aux mêmes contraintes. Terminées les muqueuses vaginales des lapins, permettant d’évaluer l’innocuité des rouges à lèvres, finis les produits dans les yeux pour garantir que les shampoings ne nous incommoderaient pas. Oubliés ces rats, cobayes sacrifiés sur l’autel de notre paraître. Les méthodes alternatives ont finalement triomphé, de ce qu’il était coutume d’appeler la vivisection.

Au cours de cette longue histoire, il faut reconnaître que bon nombre d’industriels ont accompagné la démarche. Certains, précurseurs, ont même devancé la réglementation tirant ainsi vers le haut une éthique faisant honneur à leur profession. Rétrospectivement, j’ai le souvenir de ce film “Autopsie d’un sacrifice”, que j’avais réalisé à la demande d’Armand Jamot pour les “Dossiers de l’écran”, il y a une trentaine d’années. À l’époque, mon enquête, portant sur l’expérimentation animale, ne laissait guère d’espoir sur l’évolution des pratiques. L’animal était et resterait le modèle essentiel des progrès de la recherche. C’est ainsi que l’on testait des ceintures de sécurité sur des cochons vivants, lancés contre des murs ou que l’on faisait fumer des singes pour apprécier les méfaits du tabac. Le film, diffusé sur Antenne 2, fi t un tel scandale qu’une “commission éthique”, constituée de chercheurs, d’industriels et de protecteurs des animaux, fut constituée afin de revisiter le dossier expérimentation animale. D’une certaine manière, il a contribué à la récente décision européenne portant sur la cosmétologie. Mais que de temps perdu !

La garantie sanitaire et sécuritaire, qui est validée aujourd’hui, sans le secours d’animaux otages, ne pouvait-elle pas être mise en œuvre plus tôt ? Ne gâchons pourtant pas le plaisir de l’événement et voyons les conséquences induites d’une telle mesure. Les pays importateurs, non soumis à la réglementation européenne (je pense, par exemple, la Chine) accepteront-ils des produits non testés sur les animaux ? Il est probable qu’un bras de fer s’engagera, mettant à rude épreuve les industriels européens désireux de préserver leur éthique. Il est possible aussi que les pays en question s’alignent finalement sur ce que l’on peut appeler le progrès. Victor Hugo ne disait-il pas : "Rien n’arrête une idée en marche lorsque son temps est venu !" »

 


 

« Non testé sur les animaux » sur l’étiquette : zèle auprès du consommateur ?

 

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Le règlement européen cosmétique 1223/ 2009 établit un certain nombre de règles sur les mentions qui cadrent les allégations marketing dans un souci du respect du consommateur.

Concernant les expérimentations animales, il paraît normal pour beaucoup de marques cosmétiques d’indiquer « non testé sur les animaux » puisque la réglementation interdit les tests. Or, ce n’est pas permis. Les fabricants n’ont pas le droit de l’écrire parce qu’une règle qui s’applique à tous ne peut être valorisée comme argumentaire produit dans le but de ne pas discriminer un autre cosmétique.

Autrement dit, si vous achetez un cosmétique sur lequel est écrit « non testé sur les animaux », alors qu’un autre ne l’affiche pas alors qu’il est fabriqué en Europe (il n’est donc pas testé sur les animaux lui non plus), vous pourriez avoir l'impression que le premier est mieux... Afin de respecter l’équité et la non-discrimination, alors la règle s’impose à tous : le bien commun fait que la mention ne peut être revendiquée comme argumentaire de vente.

 

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Toutefois, deux exceptions existent :

  • lorsqu’il y a un besoin particulier d’informer le consommateur (par exemple, un cosmétique qui est vegan). Cette mention sera plutôt affichée au dos du packaging, et non sur le facing pour des raisons discriminatoires.
  • Lorsque la mention est prouvée, mais ceci représente un travail de longue haleine pour obtenir des certificats.

Certaines marques choisissent de marquer leur engagement pour la cause animale en adhérant à des association de protection animale telles que Leaping Bunny par exemple qui certifie, avec audits à l’appui, l’absence de tests sur les animaux.
 

Spécificité de la cosmétique bio : pas de dérivés d’animaux morts

 

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Si les tests sur les animaux sont interdits, sachez que  la cosmétique bio interdit en plus l’utilisation de dérivés d’animaux morts, ce qui nous différencie de la cosmétique conventionnelle.

Dans les cosmétiques conventionnels, vous pourrez trouver par exemple des extraits de poissons ou d’intestins de baleines, de l’huile de foie de requin, des substances issues des carapaces de crustacés, du liquide amniotique de la vache, des extraits de muscles ou de rate, de la gélatine issue de la peau, des tendons, des ligaments et des os d’animaux, des graisses d’animaux, ou encore des huiles extraites des animaux, comme l’huile de vison, de tortue ou de baleine…

NB : ce qu’on appelle « Castor Oil » dans un cosmétique, n’est absolument pas de l’huile de castor mais de l’huile de ricin, qui est une huile végétale obtenue à partir des graines de ricin (Ricinus communis). Elle est utilisée comme agent hydratant pour sa teneur en eau qui maintient la peau douce et lisse.
 

L’exception de la cosmétique bio

 

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Oh ciel ! Comment obtenir des lèvres rouges de Marylin Monroe ?

Il n’y a pas de secret ! C’est le carmin ! Et c’est quoi exactement ? Et bien… ce sont des cochenilles, de tous petits insectes parasites de cactus provenant du cactus qui sont écrasés pour obtenir un colorant rouge. A lire, c’est assez… comment dire… déroutant. Et pourtant, vous en avez probablement mangé dans les fraises Tagada, les saucisses de Strasbourg, le tamara, certaines boissons gazeuses ou certains yaourts… Il est reconnaissable sous le nom E120 en alimentaire. Aucune alternative n’existe à ce jour en cosmétique bio pour obtenir ce rouge qui rend les lèvres si pulpeuses. Voici son nom INCI : Carmin, Carmine, CI 75470.

 

En conclusion, la cosmétique bio a toujours milité contre les tests sur les animaux et contre l’utilisation de dérivés d’animaux morts dans les cosmétiques. Tout simplement, parce que la nature végétale nous offre une multitude de plantes et de minéraux, sources de beauté au quotidien…

 

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Écrit par

Julie Lambert  Julie Lambert